De tout ce que j'ai vécu jusqu'à aujourd'hui,
L'une des pires de choses, je crois, me semble être la solitude,
Elle engendre un sentiment d'inutilité,
Ce sentiment remet en cause sa propre existence,
Remettre en cause son existence, c'est faire face à des choix.
Et si, un esprit sensible comme le mien en est capable,
Il reste là. Indécis, devant ces choix. Et cette incertitude
provoque la souffrance, la souffrance engendre le mal-être et la colère,
La colère fait rugir la haine, et la haine, mène à la mort.
Ce qui a encouragé mon jeune être,
A se résigner à la solitude,
C'était la confiance que j'avais placée en mon frère,
Qui m'avait fait croire que j'étais seul, oublié, sans amis, tombé en désuétude.
Au début, c'est moi qui m'excluais,
Mais plus je grandissais,
Plus je remarquais,
Que c'est eux qui m'excluaient.
Le monde avait pris conscience,
De sa nature et de la mienne,
Et il faisait simplement ce que sa nature lui dictait de faire.
Mais ma plus grande détresse dans la souffrance,
Que je ressentais, c'était lors du trajet de l'arrêt de bus
Jusqu'à ma ferme.
Cette impression de solitude s'en trouvait extrêmement renforcée,
Seul dans la nature, au milieu de ces arbres, hêtres, sapins, saules,
Etang, forêt, champs, blé, herbe, orge, maïs.
Cette solitude était par moment apaisée,
Par la présence du seul Dieu vivant,
Matérialisée par cette nature si belle.
Je ressentais alors la présence de deux mondes
Fondamentalement différents,
L'un celui dans lequel je vis, nous vivons tous,
Avec sa nature, son humanité et tous ses vices et péchés.
Et l'autre monde, l'invisible, celui où Jésus règne en maître.
Celui dans lequel Dieu est roi de l'univers et Satan prince de la Terre.
Et ces deux entités se font la guerre.
Je dirais même qu'il existe trois mondes.
Pour faire simple : le paradis, la Terre et ce qu'on pourrait appeler l'enfer, le chaos ou le néant.
Chez le Très-haut vivent les anges de lumière.
En enfer, les démons de Satan.
Et sur Terre ils se livrent une bataille invisible.
Et je pense que chacun a un ange protecteur.
Et dans les moments de conflits, il pose sa main sur mon épaule
Et me prend dans ses bras.
Je me demande alors pourquoi est-on obligé d'endurer tant de souffrances alors
Qu'il suffirait de vivre d'amour et d'eau fraîche comme certaines rares tribus
éloignées, qui elles l'ont bien compris !